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Une autre Terre derrière l'horizon

Près de 500 exoplanètes ont été découvertes depuis en 1994 et un millier d'autres objets sont en passe d'être confirmés grâce à la mission américaine Kepler. Et la taille des planètes recensées croît au fur et à mesure que les observations se multiplient. Selon Franck Selsis, du Laboratoire d'Astrophysique de Bordeaux (« Lab », UMR CNRS/ Université Bordeaux 1) à Floirac, « à ce rythme, c'est en 2011 que l'on devrait en trouver une de la masse de la Terre ». Pas facile pour une planète aussi petite d'autant qu'avec la méthode employée, dite du « transit », où l'on attend qu'un objet passe entre l'étoile et nous, il faut être sur le même plan que lui pour le découvrir : « Depuis l'espace, en procédant comme cela, on n'aurait que 0,5% de chances de repérer la Terre. » Mais on n'est pas loin : le « Lab » travaille entre autres sur l'objet le plus proche des conditions terrestres que l'on ait découvert : GL581 D qui est située dans le système Gliese 581, dans la Balance, à 6 parsecs seulement (une vingtaine d'années lumière) de nous. Cette planète est sept fois plus massive que la Terre et, surtout, dans la « zone habitable » de son soleil, c'est à dire la zone où les conditions de température probable permettraient l'existence d'eau liquide à sa surface. Mieux encore : les Américains auraient ciblé une planète de trois fois la masse de la nôtre dans le même système mais cela reste à confirmer.
Quoi qu'il en soit, tout le monde se prépare à brève échéance à trouver, si ce n'est une jumelle, du moins une cousine de la Terre : « Cela aura sûrement pour effet de booster les projets. Notamment d'aider au financement d'une nouvelle génération de télescopes permettant de voir encore plus de planètes. » Un effet boule de neige qui créera une nouvelle discipline astronomique de gens « qui travailleront à analyser les planètes similaires à la Terre. » Avec en ligne de mire le Graal astronomique : découvrir une planète entourée d'oxygène ce qui signifierait que non seulement elle est habitable mais habitée, l'oxygène étant produit par la vie. « Cela aurait alors un côté vertigineux : l'univers ne serait plus glacé et silencieux. Ce serait l'une des plus importantes découvertes de tous les temps » dépassant largement le champ des sciences dures. Si beaucoup d'astronomes veulent y croire sans oser se l'avouer, les principales religions « anticipent et reformulent leurs textes pour le prendre en compte ».
Jean-Luc Eluard

Cette illustration montre une comparaison du système solaire interne avec le système planétaire de Gl581.
La zone en bleu est ce que l'on appelle "la zone habitable", c'est à dire la zone où les planètes peuvent avoir de l'eau liquide en surface. Dans cette figure, Gl581d est très proche (mais à l'intérieur) de la limite externe de la zone habitable.
Les tous derniers modèles sur lesquels le « Lab » travaille placent cette limite externe un peu plus loin.