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Tempêtes : les chercheurs mobilisés pour protéger les forêts

Forts de plusieurs années d’expériences et d’observations les chercheurs de l’Inra et notamment du site de Cestas-Pierroton dans les Landes girondines (1) peuvent apporter des solutions aux acteurs de la filière bois et des collectivités locales.
Jean-Michel Carnus, directeur de l’unité forêt-bois à l’INRA Bordeaux Aquitaine explique : « on a mené des recherches sur la stabilité de l’arbre et sur son comportement mécanique face aux vents. Il y a des phénomènes d’adaptation de l’arbre : côté vent , les racines sont plus développées et côté opposé, le bois du tronc est plus dense. » Ces observations permettent d’expliquer des variations de la qualité du bois et d’explorer la variabilité génétique de l’adaptation aux vents. « Pour ce qui est par exemple du pin maritime, on sait qu’il y a différentes origines (pins maritimes des Landes, de Corse, du Portugal et du Maroc), dont certaines jouissent de propriétés contribuant à une meilleure adaptation. Des programmes d’hybridation permettent de combiner la croissance du pin landais avec le meilleur enracinement et la meilleure résistance à la sècheresse des pins corses ou marocains ».
Mais, l’activité racinaire n’est pas la seule réponse aux dégâts causés par la tempête comme le rappelle le chercheur : « la densité des peuplements forestiers joue aussi sur la stabilité des pins. Plus la parcelle est dense et jeune, plus les arbres, qui ont moins de prises au vent, sont résistants. Dans ce cas, on conçoit bien des systèmes dédiés à la production de biomasse forestière avec des coupes à 20 ans » Cependant, les grumes étant moins hautes, le bois ne peut pas être destiné aux bois d’œuvre, largement préférés par les exploitants. « On peut envisager ce que l’on appelle des ‘peuplements semi-dédiés’ voire des systèmes mélangés en taillis sous futaie, avec des parcelles denses que l’on éclaircit au bout de 10-15 ans pour du bois de biomasse, les arbres restants étant conservés pour du bois d’œuvre ».
« Il faudra adapter les pratiques sylvicoles comme cela s’est toujours fait à l’occasion de crises majeures», plaide Jean-Michel Carnus. « et sans doute faire porter plus qu’avant nos réflexions collectives sur la prise en compte de l’aléa tempête dans l’aménagement du massif des Landes et sur les aspects paysagers ». Et les chercheurs ne manquent pas de solutions. « Il est essentiel de pouvoir remédier à une fragmentation croissante des massifs boisés et aux couloirs de vents que sont les lignes de trains, les routes, les chemins… où le vent accélère. Pour cela, l’aménagement de lisières peut être bénéfique. On plante différentes espèces feuillues ou résineux, aux racines plus importantes, en bordure de parcelle pour briser le vent. C’est intéressant pour la biodiversité, pour l’esthétique et bien sûr pour la gestion durable des forêts. »
« Il est nécessaire que nous ayons tous une réflexion d’ensemble ».
(20 février 2009)
Légende photo : l’Aquitaine est la première région boisée de France avec 1,8 millions hectares (43% de l’Aquitaine)
(1) Aux lendemains des tempêtes de 1999, l’Inra avait lancé avec d’autres partenaires un programme de recherches pour approfondir les connaissances en vue de mieux protéger les forêts des ouragans. http://www.pierroton.inra.fr/


