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Actualités

La sociologie au service de la Garonne

Le  sociologue  Denis Salles est l’un des trois coordinateurs de Gagilau. Interdisciplinaire et interrégional, ce programme de recherche étudie l’adaptation aux changements globaux dans la vallée de la Garonne et l’estuaire de la Gironde.
 

De nouveaux contaminants sont de plus en plus souvent détectés dans l’eau. Parmi eux, les résidus médicamenteux et les nanoparticules d’argent. Leur étude est l’une des parties de Gagilau et s’inscrit dans la continuité des  travaux menés par Denis Salles (sur les politiques publiques et les pratiques sociales liées à l’environnement) au sein de l’équipe ADBX. Cette équipe du Cemagref de Bordeaux présente la singularité des sciences humaines comme l’économie ou les sciences politiques à des sciences biotechniques telles que l’agronomie des systèmes ou l’agro-hydrologie, ainsi qu’à des statistiques.

 


« Dans le cas des nouveaux contaminants, explique Denis Salles, la sociologie intervient en complément d’une approche scientifique classique. En l’occurrence, cette dernière consiste à comprendre le circuit et les impacts des contaminants dans les stations d’épuration et les milieux aquatiques avals, puis à envisager des solutions de traitement. L’approche sociologique, de son côté, recherche la source de ces contaminants bien en amont des stations, dans la transformation des modes de vie et de consommation, les pratiques de santé et les politiques publiques. »

  
Perceptions du changement climatique

La complémentarité entre les sciences humaines et sociales et les sciences dures concerne également un autre projet de Gagilau : l’adaptation au changement climatique dans les fleuves et les estuaires. Ici, l’approche sociologique vise à étudier les perceptions plus ou moins divergentes des acteurs et des riverains sur cette thématique comme sur les différentes actions déjà engagées.

Il s’agit ensuite d’identifier des stratégies d’adaptation mises en place, dans le passé ou aujourd’hui, de façon collective ou isolée, et qui pourraient être expérimentées dans une perspective de généralisation. Ainsi, pour lutter contre l’accroissement des risques de crues,  la reconquête d’espaces de liberté pour le fleuve et l’estuaire, réalisées sur des terrains agricoles ou potentiellement constructibles, sont des pistes prometteuses. Gagilau doit en analyser les conditions de réalisation environnementales et socioéconomiques.

Les recherches encadrées par Denis Salles contribuent plus particulièrement à montrer « comment les normes environnementales sont interprétées dans l’interaction entre les organismes chargées de les appliquer et les acteurs locaux sur les territoires. » L’observation de ce processus de négociation des normes permet d’éclairer les citoyens, les décideurs mais aussi les scientifiques participant à leur construction.

 

Donatien Garnier

Photo : Fredéric Desmesure