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Ils scannent des livres sans les ouvrir et voient à travers les vêtements

« Nous sommes l’un des rares laboratoires en France capable de générer, de manipuler et de détecter des ondes térahertz », se félicite Patrick Mounaix du Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CPMOH) à Talence. Ces ondes Terahertz, sont celles utilisées pour portiques dans les aéroports permettant de « voir » à travers les vêtements. Il s’agit de scanners fonctionnant avec ces ondes qui disposent à la fois des propriétés des ondes radios (traverser de nombreux matériaux) et des ondes optiques (guider les ondes). A cela s’ajoute la mesure temporelle, la possibilité de suivre dans le temps la propagation de l’onde.
Leur maîtrise par le CPMOH n’est pas neutre, car elle est porteuse de véritables révolutions dans le domaine de la sécurité, de l’art, de l’industrie. Ainsi, par exemple, dans le domaine de la sécurité, la maîtrise de ces ondes permet d’analyser un objet sans l’ouvrir (enveloppes, paquets, bagages…), ce qui aurait été bien utile lors des menaces à l’anthrax.
Avec cette technologie, nous serons capables de détecter des engins explosifs à 30 mètres. De quoi lutter efficacement contre les nouvelles menaces terroristes. Au niveau industriel, on pourrait ainsi contrôler de manière non destructive qu’un produit est conforme au cahier des charges. Et, dans le domaine de l’agroalimentaire, pour la qualité ou la toxicité des composants, sans être obligé de déchirer l’emballage. « A la différence des rayons X, les ondes Terahertz sont non ionisantes et donc sans danger pour la santé », précise Patrick Mounaix.
Actuellement, son laboratoire travaille sur deux grands projets : un partenariat vient d’être noué avec le Musée du Louvre, afin d’examiner la structure des œuvres, comme des momies ou l’intérieur des sculptures, sans même les toucher. « Nous sommes capables de voir comment une peinture a été réalisée, le nombre de sous-couches…, tout ce que l’on ne peut voir à l’œil nu et qui est dissimulé en volume », souligne ce chercheur.
Par ailleurs, la France avec cinq autres pays a soumis récemment à la commission européenne un projet, dont le but est le contrôle qualité de pièces destinées à l’aéronautique comme par exemple localiser des micro-fissures qui sont à l’origine de fractures. Le Centre de physique moléculaire optique et hertzienne de Talence est le seul laboratoire français dans ce programme européen. Enfin, avec la société pessacaise, I2S, spécialisée dans l’imagerie et le centre technologique Alphanov, l’équipe de Patrick Mounaix étudie la possibilité de scanner des documents, sans même les toucher ni tourner les pages.
Nicolas César

