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Ils modélisent les vagues

Parmi les scientifiques aquitains qui s’emploient à décrypter l’évolution du littoral, on trouve, au premier maillon de la chaîne, Pierre Lubin, plongé dans son ordinateur. Intégré au sein de l’équipe de Transferts Ecoulements Fluides Energétique (Trefle, 1), il s’emploie depuis 2001 à perfectionner un outil de modélisation pour simuler en 3D le déferlement des vagues, sésame pour percer les phénomènes de transport de sable et d’érosion du littoral. «J’adapte cet outil à de nouveaux processus informatiques plus puissants. Ainsi un calcul de déferlement des vagues, qui prenait auparavant trois mois, prend désormais moins d’une semaine. On gagne en rapidité mais aussi en finesse d’analyse en multipliant le nombre de données intégrées», décrit Pierre Lubin.
A une échelle plus applicative, l’équipe Methys (Modélisation Expérimentation Télédétection en Hydrodynamique Sédimentaire) d’EPOC (2) croise, depuis 1998, des connaissances en géologie et en océanographie physique afin de mieux saisir les processus physiques de transport sédimentaire induit par l’effet des vagues et des vents. «On recueille des mesures par satellite, caméras ou capteurs in situ. Notre rôle est ensuite de faire de la modélisation numérique sur le mouvement de marées et des environnements sableux pour des bureaux d’études qui suivent l’évolution du trait de côte. Ces modèles physique servent, par exemple, à voir comment une plage va réagir si des tempêtes surgissent plus fréquemment» résume Philippe Bonneton, responsable de Methys.

Dernier échelon, au plus près du terrain, l’équipe du Casagec d’Anglet (3) utilise, elle, un logiciel ultra-puissant conçu par Didier Rihouey, ingénieur manageur du Casagec. «Huit plages de la côte ont été équipées de caméras. Notre logiciel permet alors de faire une photo moyennée de l’évolution du trait de côte et d’étudier la position des barres sableuses. Il peut aussi transformer l’image classique en une image métrique plan». Très innovant, ce système aide notamment les collectivités locales à bien aménager et réensabler les plages, à draguer, à construire des digues de protection mais aussi à connaître la qualité des eaux de baignade ou l’évolution des rivières...

Marianne Peyri

 

(1) Laboratoire interétablissements CNRS, Ensam, ENSCPB, Université Bordeaux 1
(2) Environnements et paléoenvironnements océaniques, UMR CNRS-Bordeaux1
(3) Cellule d‘application de transfert technologique du Lasagec, Laboratoire de sciences appliquées au génie civil et côtier de l’Université de Pau.