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Au cœur du Laser Mégajoule

Les chiffres ont de quoi faire tourner la tête : 170 000 m3 de béton, 980 portes, 140 000 m2 de planchers… le bâtiment du Laser Mégajoule (LMJ) du CEA qui est construit au Barp en Gironde est impressionnant. Il est à la hauteur de son ambition : l’un des lasers les plus puissants au monde.
Selon le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), l’objectif du LMJ où auront lieu des expériences de fusion par confinement inertiel est de « garantir la pertinence et la maîtrise des logiciels de calcul simulant le fonctionnement nucléaire d’une arme ».
Après cette phase de construction du bâtiment ; le CEA est entré dans la dernière ligne droite : l’installation du procédé technique dont les chaînes lasers et de tous leurs éléments : caissons et tubages, optiques, miroirs, filtres …
Dès 2014, les premières expériences pourront avoir lieu.

 

Le LMJ est composé de quatre halls laser de 125 mètres de long chacun. Le faisceau, source laser de faible énergie, y sera pré-amplifié 500 millions de fois avant d’être amplifié 40 000 fois en réalisant deux allers-retours sur l’une des chaînes laser. Puis, il sera dirigé vers le hall d’expériences et la sphère par un système de miroirs qui le transformera en rayonnement ultraviolet.

 

Les halls laser sont soumis à des contraintes de propreté de l’air Iso 8 : la moindre poussière est traquée et le contrôle thermique et hygrométrique est rigoureux. Tout élément entrant doit donc être acheminé avec une précaution extrême. Un sas pour les livraisons des optiques permet de les conserver dans un environnement « sain ». Les ingénieurs, eux doivent pénétrer gantés et sous combinaison dans le hall.

 

La sphère appelée chambre d’expériences est au cœur du bâtiment du LMJ. De onze mètres de diamètre, elle est en aluminium, recouverte de béton boré et repose sur un imposant piédestal. La sphère accueillera le dispositif expérimental où auront lieu la fusion d’atomes d’hydrogène à l’échelle microscopique.

 

A côté du terrain du LMJ, s’est installée sur 20 hectares la zone d’activités « Laseris 1 » (SEML Route des lasers®) pour accueillir les entreprises qui travaillent à la fabrication, la qualification et le montage des quelques 13 500 optiques qui composeront le Laser Mégajoule, puis à leur maintenance. Là aussi, les contraintes de propretés sont très importantes et encore plus élevées qu’au sein des halls laser (Iso 4) puisque ces prestataires manipuleront les optiques avant leur ré-acheminement dans les halls voisins du LMJ.

 

Reportage photographique réalisé par Pierre Baudier
Textes d'Alexandre Marsat