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Le Celia, à la pointe du déminage au laser

A l’Université Bordeaux I, des chercheurs du Centre lasers intenses et applications (Celia) travaillent sur un projet visant à concevoir le premier outil de déminage non destructif au laser femtoseconde (10-15 secondes). « Dans le monde, nous ne sommes actuellement que deux laboratoires à posséder la technologie laser fibrée permettant de produire des impulsions femtosecondes capables de découper des plaques métalliques épaisses sans aucun échauffement à la cadence d’un million d’impulsions par secondes », lance Eric Cormier, responsable du groupe « développement laser » au CELIA de Bordeaux. Cherchant à mettre au point un appareil de déminage par laser, l’Institut Saint Louis (ISL), laboratoire d’applications militaires franco-allemand, dont l’origine remonte à l’après guerre, l’a donc, « naturellement », contacté en octobre 2008 pour mettre en œuvre ce projet, financé par la Direction générale de l’armement. « La fibre novatrice que nous avons développé avec Eolite (lire ici) et Amplitude Systèmes, deux entreprises locales, va nous permettre de créer un laser à la fois compact et très puissant », explique le chercheur. Actuellement, les techniques de déminage sont encore archaïques : soit les engins sont désamorcés par un démineur, ce qui prend du temps et comporte des risques, soit on fait exploser la charge par des chars à fléaux mécaniques, ce qui limite le champ d’interventions.
Le marché est considérable. Rien qu’en France, on estime que 5 à 7 millions de bombes de la Seconde Guerre mondiale, n’ayant pas explosé, sont présentes sur notre territoire. Sans compter les menaces terroristes, qui préoccupent vivement les autorités des pays occidentaux. Pour parvenir à neutraliser les dernières générations d’engins explosifs, Eric Cormier et son équipe, en partenariat avec l’ISL, ont pour mission de mettre au point d’ici 2013, un laser femtoseconde associé à un procédé athermique d’usinage (sans échauffement de la cible) permettant de neutraliser l’engin sans déclencher son explosion, en consumant lentement la charge (voir photo). Les débouchés sont multiples, car hormis le marché spécifique du déminage, le développement de lasers de telles puissances et les procédés d’usinage « ultra propres » associés vont nécessairement intéresser les industriels.
Nicolas César
Légende photo : Neutralisation laser d'un engin explosif par découpe puis combustion lente

