Actualités
L'intimité cellulaire suivie à la trace

Comment mieux évaluer les systèmes modèles pour les maladies neuro-dégénératives du type Alzheimer ou Huntington ? Comment agissent précisément sur nos récepteurs neuronaux certains médicaments du type antidépresseur ou antiépileptiques ? Tels sont les objectifs de l’équipe « imagerie cellulaire quantitative » conduite par Jean-Baptiste Sibarita au sein du laboratoire Physiologie cellulaire de la synapse du CNRS et de l’université Bordeaux 2. Ayant reçu tout récemment une subvention de 75 000 euros de la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), cette jeune équipe de six personnes, créée il y a un an et demi, va s’efforcer de créer de nouvelles technologies d’imagerie à très haute résolution.

Ces outils innovants qui repousseraient les limites de résolution optique permettraient, en effet, une analyse pointue de la mobilité de composants cellulaires et notamment des récepteurs de neurotransmetteurs. « L’équipe bordelaise de Daniel Choquet de l’Institut Interdisciplinaire en Neurosciences, qui participe à ce projet, a récemment démontré que ces récepteurs bougeaient. Si cette mobilité est altérée, cela peut avoir de graves conséquences pour une personne, ces récepteurs ayant un rôle essentiel de transmission de l’information neuronale, par exemple dans le fonctionnement de la mémoire » explique Jean-Baptiste Sibarita.

« Les techniques d’imagerie dynamique de fluorescence au niveau de la molécule individuelle, que nous allons élaborer, pourraient permettre, pour la première fois, de collecter en un temps très court un très grand nombre de trajectoires de molécules, d’établir les statistiques de leur mobilité, de les classifier… soit autant de données que le milieu pharmaceutique pourrait utiliser pour mieux connaître les effets de certains médicaments ou en trouver de nouveaux ».
Marianne Peyri