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Extinction de l'homme de Neandertal : l'hypothèse climatique exclue

C’est un algorithme réservé jusqu'à présent à la prévision de l'impact des changements climatiques sur la biodiversité qui a permis à une équipe multidisciplinaire franco-américaine de réfuter l’hypothèse climatique comme responsable de l’extinction de l’homme de Neandertal, il y a 40.000 ans.
L’équipe de chercheurs, réunissant archéologues, modélisateurs du climat du passé, paléoclimatologues et écologues, dont plusieurs Bordelais (1), privilégie plutôt la compétition avec les hommes modernes pour expliquer l'extinction des néandertaliens.
L’algorithme a permis de prendre en compte la localisation des sites archéologiques datés par carbone 14, les informations géographiques et les simulations à haute résolution des différents climats en Europe par le passé. Puis, elle projette la distribution potentielle d'une population à une époque donnée dans une autre phase climatique de façon à vérifier, après comparaison avec la distribution réelle de sites archéologiques, si la niche originale a subi une contraction ou une expansion.
Cela a montré que les hommes modernes ont occupés des territoires allant jusqu'à une frontière méridionale marquée par la vallée de l'Ebre pendant la phase froide puis ont investi le sud de la péninsule ibérique au cours de la phase tempérée suivante. L'étude conclut que les néandertaliens du sud de la péninsule ibérique auraient été les derniers à disparaître car ils auraient été préservés de la compétition directe avec les hommes modernes par la phase froide, au cours de laquelle les deux populations auraient exploité des territoires distincts.
(15 janvier 2009)
(1) Les chercheurs impliqués appartiennent au laboratoire « De la préhistoire à l'actuel : culture, environnement et anthropologie » (CNRS/Université Bordeaux 1/Ministère de la culture et de la communication/INRAP), au « Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement » (CNRS/CEA/Université Versailles St Quentin), au laboratoire « Environnements et paléoenvironnements océaniques » (CNRS/Université Bordeaux 1/Ecole pratique des hautes études) et à l'Université du Kansas.
Légende et crédit : © Banks & d'Errico, Laboratoire PACEA/PLoS ONE La carte illustre la distribution réelle, basée sur les sites datés de cette époque. Du gris au rouge, la cohérence aux modèles est croissante. Les cercles indiquent les sites néandertaliens appartenant à l'événement GI8. La niche des néandertaliens a subi une contraction qui ne peut s'expliquer, d'après les chercheurs, que par l'expansion de celle des hommes modernes.


